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L'Union
monétaire latine
et les vicissitudes du bi-métallisme
 | Le bi-métallisme
 | Un système monétaire est dit bi-métalliste lorsqu'il est caractérisé
par une frappe libre de l'or et de l'argent,
c-à-d. la possibilité pour les particuliers de porter des lingots de
métaux précieux aux Hôtels des Monnaies et d'obtenir en retour des
pièces pour une somme totale équivalant à la valeur légale des lingots,
réserve faite le cas échéant des frais de frappe.
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 | un rapport légal fixe, établi entre la
valeur de l'or et de l'argent (pair bi-métallique).
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 | un pouvoir libératoire illimité de l'or
et de l'argent.
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 | Le bi-métallisme connut une évolution mouvementée jusqu'à son
déclin. Il s'était instauré au 18ème siècle dans plusieurs pays. La
France avait adopté le système du bi-métallisme depuis l'arrêt du 13
janvier 1726 qui fixait entre l'or et l'argent un rapport légal de 14,5.
Calonne (1734-1802), Contrôleur général des finances de Louis XVI, porte
ce rapport à 15,5. La loi monétaire du 7 Germinal
an XI (20 mars 1803) établit en France le bi-métallisme intégral. Le
rapport légal sera de 15,5. Le Franc correspond à 5g d'argent ou 322,5mg
d'or. La Belgique, la Suisse, l'Italie adoptent des systèmes
analogues au système français. |
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 | La loi de Gresham
 | Les divergences qui allaient se produire entre
le rapport commercial entre l'or et l'argent et le rapport légal,
devaient entraîner de sérieuses difficultés pour les pays bi-métallistes.
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 | Ces difficultés s'expliquent, en effet, par le
jeu de la loi de Gresham, selon laquelle
"la mauvaise monnaie chasse la bonne".
Lorsque 2 monnaies liées par un rapport
d'échange légal circulent en même temps dans un pays, celle qui est
tenue pour la meilleure par suite d'une appréciation de sa valeur
commerciale tendra à disparaître. En effet,
la bonne monnaie sera soit thésaurisée, soit utilisée pour des paiements
extérieurs, soit fondue afin de faire frapper en échange des pièces de
mauvaise monnaie.
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 | Cette loi qu'on découvre dans la comédie "les
Grenouilles" d'Aristophane, a été attribuée à tort à Thomas Gresham
(env. 1519-1579), financier anglais de la reine Elisabeth Ier.
Elle a été exposée par Nicolas Oresme (1320-1382), conseiller du
roi Charles V (1338-1380), et plus tard par l'illustre astronome
Copernic au début du 16ème siècle.
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 | La meilleure application de la loi de Gresham
se trouve dans les vicissitudes du système bi-métalliste. En effet, à la
suite de la découverte des mines d'or de
Californie (1848) et d'Australie (1851),
l'afflux de métal jaune entraîna sa dépréciation
par rapport à l'argent. On vit des pays
mono-métallistes, comme l'Angleterre, ayant des paiements à faire avec
des pays mono-métallistes, comme les Indes, envoyer leur or à Paris,
l'échanger au cours légal contre de l'argent frappé et l'envoyer aux
Indes.
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 | Ainsi la France était-elle menacée de voir
s'épuiser toute sa circulation d'argent.
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 | L'Union monétaire latine
 | Cette crise monétaire provoqua la formation de l'Union Monétaire
Latine le 23 décembre 1865 à Paris. Sous l'impulsion de
Napoléon III, elle réunit plusieurs pays
bi-métallistes: la France, la Belgique, l'Italie, la Suisse, auxquelles
se joint en 1868 la Grèce.
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 | Il s'agissait d'émettre désormais des espèces
selon un système et un étalon commun, chaque pays gardant sa devise
nationale et ses dénominations d'espèces.
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 | Le but de l'opération était de lutter contre
l'évasion des pièces d'argent, objet de spéculation et d'exportation
vers les pays d'Extrême-Orient. Le titre des pièces d'argent,
autres que la pièce de 5 Francs, fut abaissé de 900 à 835/1000 et on
leur enleva la frappe libre et le pouvoir libératoire illimité.
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 | Les pays contractants adoptaient une uniformité de poids, de titre,
de module et de cours pour les espèces d'or et d'argent. Leurs monnaies
pouvaient ainsi circuler librement dans toute l'Union.
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 | La Convention monétaire était renouvelable au bout de 15 ans. |
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Les Etats de l'Union monétaire
latine (1868).
Françoise Page-Divo
Suite de l'Union monétaire latine
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