image de la monnaie du 10 louis d'or 1640 de Louis XIII Saint Eloi

vendredi 05 février 2010

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Saint Eloi orfèvre et monétaire
(vers 588-660)
Les monnaies de saint Eloi

 

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Initié dans sa jeunesse à l'orfèvrerie par un maître de Limoges, Eloi devient conseiller et monétaire de trois rois successifs, Clotaire II Dagobert I, puis Clovis II, avant de devenir évêque de Noyon et saint. Mort le 1er décembre 660, il est inhumé dans le cimetière de Noyon dans un monastère dédié à Saint-Loup de Troyes. Puis, son corps est transféré le 1er décembre 661 dans un sarcophage placé dans une niche au-dessus de l'autel, après avoir été vêtu de riches vêtements de soie apportés par la reine Bathilde.
 

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La "Vita Eligii", écrite par son ami saint Ouen, nous apprend qu'Eloi est né à Chaptelat, près de Limoges. Il reçoit le nom d'Eloi (Eligius en latin, qui a pour racine le verbe eligere voulant dire choisir). Présage de sa sainteté, il paraît que sa mère, Terrigie, avait eu la vision, pendant sa grossesse, d'un aigle très beau voltigeant au-dessus de sa couche, qui l'appelait par des cris à trois reprises différentes ! Non sans cause, car l'aigle est un symbole du bon prélat et de l'homme parfait, ce que fut saint Eloi. Son père le met en apprentissage auprès d'Abbon, orfèvre, qui dirigeait l'atelier de la monnaie de Limoges.
 

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Par la suite, Eloi rentre en relation avec un trésorier du roi Clotaire II, nommé Bobbon. On raconte au sujet d'Eloi l'anecdote amusante bien connue. Clotaire désirait faire exécuter un trône en or enrichi de pierres précieuses, mais il ne trouvait personne au Palais qui soit capable de le réaliser selon l'idée qu'il avait conçue. Bobbon lui indiqua Eloi, à qui on remit une grande quantité de métal précieux pour la confection de l'ouvrage. Eloi s'en tira si habilement qu'il avait réussi à faire deux trônes avec la quantité d'or qu'on lui avait confié pour en faire un seul. Eloi avait fait son travail sans se permettre aucune fraude, comme faisaient les autres ouvriers. Après cet épisode, Clotaire admira son talent et, touché par son honnêteté, le nomma son conseiller intime et en fit son monétaire. Clotaire mort (639), Eloi reste au service de ses successeurs Dagobert I, puis Clovis II, sous le règne duquel il obtient l'évêché de Noyon (13 mai 641).

 

 

Tableau du peintre flamand Petrus Christus (maître à Bruges en 1444, mort en 1472/1473).

Orfèvre dans son atelier, peut-être saint Eloi, 1449 (Metropolitan Museum of Art, New York).

Tableau du peintre de l'école florentine Jacopo Chimenti, dit da Empoli (1581-1640).

L'Honnêteté de saint Eloi, 1614 (Galerie des Offices, Florence).

Dagobert I (629-639), Tiers de sou d'or (1,35g).

Avers: Effigie de Dagobert à droite, au diadème perlé (Prou 685, Planche XII, n° 15).

Dagobert I (629-639), Tiers de sou d'or (1,35g).

Revers: Croix ancrée, accostée des lettres ELI-CI (Prou 685, Planche XII, n° 15).

Clovis II (639-657), Tiers de sou d'or (1,23g).

Avers: Effigie de Clovis II à droite, la nuque entourée de perles (Prou 695, Planche XII, n° 20).

Clovis II (639-657), Tiers de sou d'or (1,23g).

Revers: Croix chrismée, sur 3 degrés, accostée des lettres ELI-CI (Prou 695, Planche XII, n° 20).

 

 

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En l'absence de textes officiels, on ne connaît pas la nature exacte du rôle de monétaire (monetarius) et les savants sont partagés. Les noms des monétaires inscrits au revers des monnaies mérovingiennes ne sont-ils qu'une garantie entre confrères, une sorte de "carte de visite" (Dieudonné), ce qui ferait rentrer celles-ci dans la catégorie du monnayage privé, ou au contraire sont-ils ceux d' "officiers du roi" frappant des espèces ayant un certain caractère public ? Les monnaies mérovingiennes en or, contrairement à ce qu'on a pu prétendre, ne sont pas des monnaies destinées au règlement du fisc. Le texte de la Vita nous précise, en effet, que le collecteur des impôts, accompagné de son monétaire, recevait le cens en or, et que cet or devait être fondu et purifié afin que, selon l'usage, il soit présenté au roi. Lafaurie fait remarquer, à juste titre, que la transformation ensuite en monnaie n'est pas mentionnée, ce qui permet aux numismates d'échafauder toutes les hypothèses.
 

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Les monnaies d'Eloi semblent donner une bonne illustration de la complexité du rôle de monétaire. On ne sait rien sur la période de l'apprentissage d'Eloi chez son maître Abbon. Il semble que "son activité possible de monétaire ne pourrait se situer qu'entre son arrivée à la cour de Clotaire II et sa nomination comme évêque de Noyon, soit avant 629 jusque vers 640/641 avant le sacre du 13 mai 641" (Lafaurie). On ne connaît pas non plus les circonstances dans lesquelles Eloi a fait la connaissance de Bobbon. Cependant, Eloi devait être un personnage bien important pour avoir vécu au Palais sous trois rois successifs: Clotaire II, Dagobert I et Clovis II. Prou voit en lui comme un "surintendant des monnaies", ce qui expliquerait, poursuit-il qu'on trouve son nom sur des pièces émises à Paris, à Arles et à Marseille.
 

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Les monnaies d'Eloi présentent au revers sa signature, soit sous le nom d'eligivs (au nominatif) suivi ou non de son titre plus ou moins abrégé de MONETARIVS , soit sous celui d'eligi (au génitif) accosté d'une croix ancrée ou d'une croix chrismée. Eloi a signé des monnaies aux noms:

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de Clotaire II à Marseille

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de Dagobert I à Paris, au Palais et à Marseille

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de Clovis II à Paris, au Palais et à Arles

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de Sigebert III à Marseille
 

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Certaines des monnaies d'Eloi émises à Paris, au Palais ou à la Scola (l'école du Palais) ne portent pas de nom de roi.
 

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Eloi fut l'artisan d'une réforme monétaire, qui affaiblit de près de moitié le titre d'or fin des monnaies, passé de 900 à environ 450/500 millièmes, et qui permit, pour un temps la restauration de la  mainmise royale sur la monnaie. Cette réforme annonce celle qui sera un siècle plus tard l'oeuvre des Carolingiens.

 

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Bibliographie

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Belfort A. de, Description générale des monnaies mérovingiennes, 5 vol., Paris, 1892-1895.

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Dieudonné Adolphe, Les monétaires mérovingiens, Bibl. Ecole des Chartres, CIII, 1942, p. 20-51.

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Krusch, Bruno, Monumenta Germaniae Historica. Scriptores Rerum Merovingicarum, IV, p. 634-761, Hahn, Hanovre, 1902.

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Lafaurie Jean, "Eligius monetarius", RN, 19, p. 111-151, 1977.

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Prou Maurice, Catalogue des monnaies mérovingiennes de la Bibliothèque nationale, Paris, 1892.

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Prou Maurice, Les ateliers monétaires mérovingiens, R N, 4ème trimestre 1888.

 

Françoise Page-Divo
 

 

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La dernière mise à jour de ce site date du 05-02-2010

 

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