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Découverte de l'or de Californie
la ruée vers l'or (1848-1854)
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L'or de Fort Sutter
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En 1848, on découvre de l'or à Sutter's Mill, à l'Est de Sacramento, dans les montagnes. C'est le début de la ruée vers l'or.
A partir de 1849, elle attirera quelques 300 000 aventuriers. Ces pionniers, qu'on appela les "Forty-Niners", venaient de toute l'Amérique mais aussi d'Europe (Français, Allemands, Irlandais, Ecossais, Suisses, Italiens ), et d'Asie, par
voie de terre dans des chariots et aussi par bateaux en doublant le Cap Horn, au prix d'un voyage épuisant. Des millions de dollars d'or furent découverts.
Certains firent fortune, d'autres retournèrent chez aussi misérables qu'auparavant.
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Le 24 janvier 1848, en effet, un charpentier du nom de James Wilson Marshall trouve les premières pépites d'or en Californie dans le lit d'un ruisseau, dans les fondations de la scierie de son patron, Johann Auguste Sutter.
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Quatre mois plus tard, le journal le "Californian", titre: "Tout le pays, de San Francisco à Los Angeles, retentit
du cri avide: "De l'or ! de l'or !", tandis que le champ reste à demi planté, la maison à demi construite et que tout est négligé, sauf la fabrication des pelles et des pioches. Tout le monde nous quitte, lecteurs et imprimeurs. Force nous est d'interrompre notre publication" (San Francisco Californian du 29 mai 1848).
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Jusque là, la Californie appartenait au Mexique, entré en guerre avec les Etats-Unis au sujet du Texas. Vaincu, le Mexique dut céder, outre le Texas, les deux immenses provinces du Nouveau Mexique et du Nord de la Californie, vendues pour 15 millions de dollars (traité de Guadalupe-Hidalgo du 2 février 1848). Elle sera officiellement le 31ème Etat de l'Union le 18 octobre 1850. |
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L'émigration française: la loterie des "Lingots d'or"
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En France, des dizaines de compagnies privées se créent à partir de 1849 après l'annonce de la publication des témoignages des chercheurs d'or. Parmi celles-ci, la Société des Lingots d'or (crée par un décret du 3 août 1850), dont Alexandre Dumas fils rédige la brochure publicitaire. Elle était chargée d'organiser une loterie dont le bénéfice était destiné à "faire transporter
gratuitement en Californie 5 000 émigrants trop pauvres pour faire la traversée".
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L'opération, organisée par le Préfet de police, Pierre Carlier, avait en fait pour but de se débarrasser des opposants au régime de Louis Napoléon Bonaparte. "Sept millions de billets à un franc", écrit Karl Marx dans son "18 Brumaire", "dont le bénéfice était prétendument destiné à payer le transport en Californie des vagabonds de Paris".
"On voulait tout d'abord remplacer par des rêves dorés les songes socialistes du prolétariat et par le mirage du gros lot le droit doctrinal au travail".
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Mais les compagnies d'émigration se révèlent être pour la plupart des escroqueries, et la Société des Lingots d'or n'échappe pas à la règle. "Bonaparte et consorts ne se contentèrent pas d'empocher une partie de la différence entre les sept millions et la valeur des lingots mis en loterie, ils fabriquèrent de faux billets, ils émirent sous le même numéro dix, quinze à vingt billets", poursuit
Marx.
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Fin 1851, les Français, qui représentaient environ le cinquième de la population de San Francisco, formaient un groupe un peu à part peu enclin à parler l'anglais. Par dérision, les Américains les surnommèrent les "keskydees", allusion à la question rituelle du Français dans la rue ("qu'est-ce qu'ils disent ?").
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"Territorial Gold": l'or des pionniers
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Jusqu'en 1854, il n'y avait pas d'atelier monétaire à San Francisco. Pendant la "ruée vers l'or", une grande variété de pièces américaines et étrangères servait pour les échanges en Californie, mais en quantité insuffisante. La poussière d'or était d'un usage courant, mais elle offrait aux mineurs une valeur moindre que celle de l'or.
D'où l'idée de confier à des
entrepreneurs privés la frappe de monnaies d'or.
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Les "Territorial Gold Coins" ("monnaies d'or territoriales") étaient des espèces frappées en-dehors de l'Institut d'émission américain. Elles n'étaient pas reconnues comme des émissions officielles par le Gouvernement fédéral.
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La Constitution des Etats-Unis interdisait, en effet, aux Etats d'émettre leur propre monnaie, mais aucune loi n'existait en ce sens pour les individus. Aussi, le Gouvernement américain toléra-il des émissions privées en Californie, mais également en Géorgie, en Caroline du Nord, dans l'Utah, le Colorado et l'Oregon,
à condition qu'elles ne ressemblent pas trop aux pièces émises par le Gouvernement fédéral.
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Fin 1849, on comptait 18 firmes privées en Californie, presque toutes situées dans la région de San Francisco. Norris, Grieg & Norris fut la première à émettre des "Territorial Gold Coins", des pièces de 5 dollars 1849 frappées à Benicia City, avec le nom de San Francisco.
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En 1850, le Congrès recommande au Secrétariat du Trésor l'établissement d'une branche de l'Institut d'émission des Etats-Unis ("Assay Office") à San Francisco. Moffat &Cie obtient le contrat, engageant un certain Augustus Humbert, fabricant de boîtiers de montres new-yorkais, qui émet en 1851 la première monnaie octogonale de 50 dollars
appelée "ingot".
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En 1854, la Monnaie de San Francisco ouvre ses portes et commence à convertir l'or des mineurs en monnaies: plus de 4 millions de dollars de pièces d'or seront émises jusqu'en décembre de
la même année.
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Yerba Buena (actuelle San Francisco) en 1847 avant la découverte de l'or.
Yerba Buena n'était qu'un petit village de quelques centaines d'habitants. Rebaptisée San Francisco, la ville compte 30 000 habitants en 1852. |
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Le Traité de Guadalupe-Hidalgo (2 février 1848) met fin à la guerre entre les Etats-Unis et le Mexique.
Le Mexique perd le tiers de sa superficie. |
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Johann August Sutter (1803-1880). Né à Kandern (Grand Duché de Baden), d'une famille suisse.
Propriétaire de la scierie où fut découverte la première pépite, il règne sur une colonie de 25 000 hectares, la "Nouvelle Helvétie". |
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James Wilson Marshall (1810-1885). Originaire du New Jersey.
Ce charpentier, au service de Johann Sutter, découvre le 24 janvier 1848 les premières pépites d'or dans le bief de la scierie de Sutter. |
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"Sutter's Mill": la scierie de Sutter à Coloma.
La scierie à l'époque de la découverte des premières pépites d'or. |
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Territorial Gold. Norris, Greig, & Norris.
"Half Eagle" 1849, avers. |
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Territorial Gold. Norris, Greig, & Norris.
"Half Eagle" 1849, revers. |
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Provisional Mint/U.S. Assay Office. Augustus Humbert.
Octogonal 50 dollars 1851, avers. |
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Provisional Mint/U.S. Assay Office. Augustus Humbert.
Octogonal 50 dollars 1851, revers. |
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 | Bibliographie
 | Cendras, Blaise, L'Or, collection Folio, Gallimard, 1985. |
 | Dumas, Alexandre fils, Histoire de la Loterie, 1851. |
 | Krause-Mishler, Standard Catalogue of World Coins, 19th Century 1801-1900. |
 | La Loterie des Lingots d'or, Liaisons. Bulletin d'informations de la Préfecture de Police, n°182, septembre 1971, p. 23-28 et octobre 1971, p. 20-28. |
 | Le Bris, Michel, La Porte d'or, Grasset, 1986. |
 | Marx, Karl, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, (1852). |
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Françoise Page-Divo
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