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"L'Empire c'est la Paix"
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"Certaines personnes se disent, par
esprit de défiance l'Empire c'est la guerre, Moi, je dis: l'Empire, c'est
la paix". On aura reconnu le fameux discours que Louis Napoléon,
"Prince-Président" de la deuxième République, avait prononcé, le 9
décembre 1852, à Bordeaux au cours d'un banquet offert par la Chambre de
Commerce.
Le mot "Empire" était prononcé, celui de "paix" également. La suite des
évènements allait démontrer le contraire.
Pourquoi la guerre? Si l'on excepte l'expédition de Rome en 1849, la
Deuxième République, toute occupée à ses problèmes intérieurs, avait joué
un rôle effacé en Europe. Avec l'Empire, Louis Napoléon décida au
contraire de mener une politique de gloire et de prestige.
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Soucieux de faire passer une
politique intérieure autoritaire, Napoléon III est allé chercher des
compensations de prestige à l'extérieur. Il savait que les Français
avaient reproché à son prédécesseur, Louis-Philippe, sa "politique de paix
à tout paix", et il était résolu à donner satisfaction à l'amour-propre
national. Appuyé sur l'armée, issue de la tradition napoléonienne,
le Second Empire ne pouvait se passer de gloires militaires. De 1852 à
1870, les guerres furent continuelles: en Europe,
guerre de Crimée (1854-1856),
guerres d'Italie (1860); hors d'Europe, campagnes d'Algérie, au
Sénégal, en Extrême-Orient (Chine et Cochinchine), en Syrie, au Mexique.
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A cette politique si active, Napoléon
III n'a pourtant pas donné de but précis. En bon neveu de Napoléon 1er, il
voulait remanier l'Europe pour "effacer la honte des traités de 1815",
fruits de la défaite de ce dernier à Waterloo. On ne saurait dire
précisément quels avantages territoriaux Napoléon III pensait en retirer
pour la France. Si, d'un côté, l'agrandissement de celle-ci n'était pas
son seul but, il affirmait, d'un autre côté, que le droit des nations
justifiait seul le recours à la guerre. La défense du "principe des
nationalités" permit certes à Napoléon III de redistribuer les cartes de
l'Europe en affranchissant les peuples opprimés sous une domination
étrangère (Italiens, Polonais, Roumains) et la formation de nouveaux Etats,
il n'a pas pourtant toujours guidé sa politique. Il aurait voulu, en
effet, laisser l'Allemagne du Sud en dehors de la Confédération allemande.
Et pour gagner l'alliance de l'Autriche, il se montra prêt à contrecarrer
les mouvements nationaux qu'il avait le plus activement soutenus, en
Italie et en Roumanie. N'est-ce pas là toute l'ambiguïté de sa politique
étrangère ? |
Françoise Page-Divo
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