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Les monnaies des rois
Mérovingiens
 | La question de savoir comment fut
organisé le monnayage mérovingien dans le royaume Franc est extrêmement
complexe car, après la destruction de l'Empire romain d'Occident en 476, le
droit souverain de battre monnaie qui s'exerçait dans les ateliers impériaux
cessa d'être respecté. Quiconque possédait de l'or s'arrogeait le droit de
le transformer en monnaie. Les pièces émises dans les premiers temps qui
succédèrent aux invasions franques sont essentiellement des monnaies d'or
("sous" et "tiers de sou"), qui copient servilement la monnaie de l'Empire
d'Orient. Puis les monétaires locaux commencèrent à y inscrire des signes
distinctifs (lettres, monogramme royal, noms de cités, d'évêques). Enfin
dans le dernier quart du VIIe siècle, le "denier d'argent"
remplace le tiers de sou d'or. |
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Tiers de sou de Rouen, 1,28g (image agrandie).
Avers: Tête diadémée à droite. |
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Tiers de sou de Rouen, 1,28g (image agrandie).
Revers: Croix sur un globe. |
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Denier d'argent de Marseille, 0,99g (image agrandie).
Avers: La lettre M sur 2 globules, surmontée d'une croix. |
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Denier d'argent de Marseille, 0,99g (image agrandie).
Revers: Croix terminée par les lettres GNOC. |
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Le tiers de sou d'or (575-675)
Vers 575, on constate une évolution, car la monnaie s'éloigne de son modèle byzantin pour prendre un nouvel aspect, le tiers de sou (appelé encore triens ou tremissis), dont le poids est le tiers du solidus.
En général, les pièces portent d'un côté le nom de leur lieu d'émission et de l'autre le nom du monetarius (appelé encore monétaire, sorte de monnayeur local, garant de la monnaie). Les monnaies avec un nom de roi existent, mais elles sont rares. Celles avec des noms d'évêques, de villes et de monétaires sont beaucoup plus courantes.
Certaines monnaies portent le nom du roi associé à celui du monétaire, comme Egedius (588-659), futur
saint Eloi, qui fut évêque de Noyon et monétaire de plusieurs rois successifs (Clotaire II,
Dagobert I,
Clovis II).
Le tiers de sou qui est frappé dans de multiples ateliers, présente la plupart du temps à l'avers une petite tête de profil et au revers une croix, et connaît au VIIe siècle une forte dégradation de son poids et de son titre.
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Le
denier (675-751)
Vers 675, on assiste à la disparition du tiers de sou d'or qui est
remplacé par le denier d'argent, de flan épais, dont le poids se situe
autour de 1g. Beaucoup de ces nouveaux deniers sont émis par des évêques
ou des églises. Certains de ces deniers portent le nom "denarius". Sur
d'autres, on trouve le nom d'un monétaire, ou encore des lettres ou des
monogrammes.
Au début, le denier ressemblait au tiers de sou, avec à l'avers une tête
et au revers une croix. Puis son type évolue: la tête disparaît souvent
pour faire place à des lettres dans le champ, à des monogrammes, à des
formes géométriques.
A la fin de la dynastie des rois mérovingiens, ne circulent donc plus que
ces petites pièces d'argent, au titre faible, frappées dans l'anarchie la
plus complète.
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Pour en savoir plus:
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Maurice Prou, Catalogue des monnaies mérovingiennes de la Bibliothèque nationale, Paris, 1892. |
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Dictionnaire de Numismatique, sous la direction de Michel Amandry,
Editions Larousse, Paris, 2002. |
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Philip Grierson, Coins of Medieval Europe, Seaby, London, 1991. |
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Françoise Page-Divo
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