image de la monnaie du 10 louis d'or 1640 de Louis XIII Monnaies carolingiennes 3

vendredi 05 février 2010

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L'atelier monétaire de Melle

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Le denier, "monnaie unique"
de l'Empire carolingien

 

L'Empire démembré

 

bulletA la mort de Louis le Pieux (840), l'Empire est partagé entre ses 3 fils (traité de Verdun de 1843). Lothaire obtient la Francia médiane, de la Meuse au Rhin, la future Lotharingie. Louis, dit "le Germanique" règne sur la Francia orientale, dont l'axe  l'axe principal est la vallée du Main. Charles le Chauve obtient la Francia occidentale, qui va du nord de la Loire à l'Escault, avec une annexe, la Bourgogne franque.
 
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Charles le Chauve (840-877)
 
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Il émet des deniers qui portent la légende CARLVS REX FR à l'avers, et un temple au revers (voir ci-dessous le denier de Reims).

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Après l'Edit de Pîtres (864), Charles le Chauve émet des deniers avec la légende gratia d-i rex (roi par la grâce de Dieu). Empereur en 875, il prend ce titre sur ses monnaies.
 

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L'édit de Pîtres

Outre le type, l'Edit de Pîtres fixait à 10 le nombre d'ateliers monétaires: Quentovic, Rouen, Reims, Sens, Paris, Orléans, Chalon, Melle, Narbonne et celui du Palais. Or, on peut trouver plus d'une centaine de noms de lieux au revers des deniers. On en a conclu que l'Edit de Pîtres n'avait pas été appliqué et qu'il y avait déjà un effritement du pouvoir carolingien. Les travaux de Jean Lafaurie montrent qu'il n'en est rien. Celui-ci constate, en effet, que les pièces portant des noms de lieux différents ont été frappés avec les mêmes coins d'avers, donc du même atelier. Il y avait sans doute bien dix ateliers seulement, auprès desquels les centres administratifs d'émission passaient commande de monnaies, en fonction des besoins locaux. Ceci laisse à penser qu'il existait une production monétaire relativement centralisée, avec une distinction entre l'atelier de frappe et le lieu où l'émission était mise en circulation. L'étude des liaisons de coins monétaires semble montrer qu'il convient d'être prudent lorsqu'on dénombre les ateliers de cette période.

 

 



Carte des 10 ateliers d'après l'Edit de Pîtres (864)

 

 

Charles le Chauve. Denier au temple de Reims (1,62g).

Av. : +CAROLVSREXFR. Croix cantonnée de quatre points.

Charles le Chauve. Denier au temple de Reims (1,62g).

Rv. : Légende : +REMISCIVITAS autour d'un temple tétrastyle. Prou 296.

Charles le Chauve. Denier du Mans (1,76g).

Av. : +GRAT. IAD-IREX. Monogramme carolingien.

Charles le Chauve. Denier du Mans (1,76g).

Rv. : +CINOMANIS-CIVITAS. Dans le champ, une croix. Prou 42 et ss.

 

 

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Les successeurs de Charles le Chauve
 
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La période qui suit la mort de Charles le Chauve est marquée par le conflit entre Carolingiens et Robertiens d'une part, et par l'intensification des raids normands d'autre part. L'effritement progressif du pouvoir entraîna le morcellement du monnayage. On vit de nombreux princes ecclésiastiques et autres seigneurs exercer le monnayage et exploiter à leur profit les ateliers monétaires, ouvrant la voie de la féodalité et de l'usurpation du droit monétaire.

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Sous le règne d'Eudes (premier souverain non carolingien depuis Pépin le Bref), les frappes monétaires sont variées et portent son monogramme. A partir de Charles le Simple, les deniers, qui portent le monogramme du roi, voient leur poids diminuer, ainsi que leur titre, qui ne comprend plus que 85 % d'argent environ. Les frappes monétaires subissent ainsi le contrecoup de l'état d'anarchie dans lequel s'enfonce le pays.

 
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Bibliographie:
 
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A voir, la remarquable exposition de la BnF sur les Trésors carolingiens.

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Dictionnaire de Numismatique, sous la direction de Michel Amandry, Editions Larousse, Paris, 2002.

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Gariel Ernest, Les monnaies royales de France sous la race carolingiennes, 2 vol., Strasbourg, 1883-1884.

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Philip Grierson, Coins of Medieval Europe, Seaby, London, 1991.

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Lafaurie Jean, "Numismatique des Carolingiens aux Capétiens". Cahiers de civilisation médiévale, université de Poitiers, Centre d'études supérieures et de civilisation médiévale, XIIIe année, n°2, 1970.

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Morisson  Karl et Grunthal Henry, Carolingian Coinage, American Numismatic Society, New York, 1967.

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Nouchy Patrick, Les rois carolingiens de Francie occidentale- De Pépin le Bref à Louis V (751-987), Dreux, 1994.

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Prou Maurice, Catalogue des monnaies carolingiennes de la Bibliothèque nationale, Paris, 1896.

 

 

Françoise Page-Divo

 

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