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Le denier, "monnaie
unique"
de l'Empire carolingien
L'Empire démembré
 | A la mort de Louis le Pieux (840), l'Empire est partagé entre ses 3
fils (traité
de Verdun de 1843).
Lothaire obtient la Francia médiane, de la Meuse au Rhin, la future
Lotharingie.
Louis, dit "le Germanique" règne sur la Francia orientale, dont l'axe
l'axe principal est la vallée du Main.
Charles le Chauve obtient la Francia occidentale, qui va du nord de la
Loire à l'Escault, avec une annexe, la Bourgogne franque.
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Charles le Chauve
(840-877)
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Il émet des deniers qui portent la légende CARLVS REX
FR à l'avers, et un temple au revers (voir ci-dessous le denier de
Reims). |
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Après l'Edit de Pîtres (864), Charles le Chauve émet
des deniers avec la légende
gratia d-i rex
(roi par la grâce de Dieu). Empereur en 875, il prend ce titre
sur ses monnaies.
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L'édit de Pîtres
Outre le type, l'Edit de Pîtres fixait à 10
le nombre d'ateliers monétaires: Quentovic, Rouen, Reims, Sens, Paris,
Orléans, Chalon, Melle, Narbonne et celui du Palais. Or, on peut trouver
plus d'une centaine de noms de lieux au revers des deniers. On en a
conclu que l'Edit de Pîtres n'avait pas été appliqué et qu'il y avait
déjà un effritement du pouvoir carolingien. Les travaux de Jean Lafaurie
montrent qu'il n'en est rien. Celui-ci constate, en effet, que les
pièces portant des noms de lieux différents ont été frappés avec les
mêmes coins d'avers, donc du même atelier. Il y avait sans doute bien
dix ateliers seulement, auprès desquels les centres administratifs
d'émission passaient commande de monnaies, en fonction des besoins
locaux. Ceci laisse à penser qu'il existait
une production monétaire relativement centralisée, avec une distinction
entre l'atelier de frappe et le lieu où l'émission était mise en
circulation. L'étude des liaisons de coins
monétaires semble montrer qu'il convient d'être prudent lorsqu'on
dénombre les ateliers de cette période. |
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Carte des 10 ateliers d'après l'Edit de
Pîtres (864)
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Charles le Chauve. Denier au temple de Reims (1,62g). |
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Av. : +CAROLVSREXFR. Croix cantonnée de quatre points. |
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Charles le Chauve. Denier au temple de Reims (1,62g). |
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Rv. : Légende : +REMISCIVITAS autour d'un temple tétrastyle. Prou 296. |
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Charles le Chauve. Denier du Mans (1,76g). |
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Av. : +GRAT. IAD-IREX. Monogramme carolingien. |
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Charles le Chauve. Denier du Mans (1,76g). |
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Rv. : +CINOMANIS-CIVITAS. Dans le champ, une croix. Prou 42 et ss. |
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Les successeurs de
Charles le Chauve
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La période qui suit la mort de
Charles le Chauve est marquée par
le conflit entre Carolingiens et Robertiens d'une part, et par
l'intensification des raids normands d'autre part. L'effritement
progressif du pouvoir entraîna le morcellement du monnayage. On vit de
nombreux princes ecclésiastiques et autres seigneurs
exercer le monnayage et exploiter à leur profit les ateliers monétaires,
ouvrant la voie de la féodalité et de
l'usurpation du droit monétaire. |
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Sous le règne d'Eudes
(premier souverain non carolingien depuis
Pépin le Bref), les frappes monétaires sont variées et portent son
monogramme. A partir de
Charles le Simple, les deniers, qui portent le monogramme du roi,
voient leur poids diminuer, ainsi que leur titre, qui ne comprend plus
que 85 % d'argent environ. Les frappes
monétaires subissent ainsi le contrecoup de l'état d'anarchie dans
lequel s'enfonce le pays. |
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Bibliographie:
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A voir, la remarquable exposition de la BnF sur les
Trésors carolingiens. |
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Dictionnaire de Numismatique, sous la
direction de Michel Amandry, Editions Larousse, Paris, 2002. |
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Gariel Ernest, Les monnaies
royales de France sous la race carolingiennes, 2 vol., Strasbourg,
1883-1884. |
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Grierson Philip, Coins of
Medieval Europe, Seaby, London, 1991. |
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Lafaurie Jean, "Numismatique
des Carolingiens aux Capétiens". Cahiers de civilisation médiévale,
université de Poitiers, Centre d'études supérieures et de civilisation
médiévale, XIIIe année, n°2, 1970. |
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Morisson Karl et Grunthal
Henry, Carolingian Coinage, American Numismatic Society, New
York, 1967. |
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Nouchy Patrick, Les rois
carolingiens de Francie occidentale- De Pépin le Bref à Louis V
(751-987), Dreux, 1994. |
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Prou Maurice, Catalogue des
monnaies carolingiennes de la Bibliothèque nationale, Paris, 1896. |
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Françoise Page-Divo
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