image de la monnaie du 10 louis d'or 1640 de Louis XIII Monnaies des Capétiens 1

vendredi 05 février 2010

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Monnaies des Capétiens directs
(987-1328)

 

 

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La France dont héritent les premiers Capétiens n'est plus constituée que d'une mosaïque de seigneuries, de comtés, d'évêchés, d'abbayes, déchirés par de multiples conflits. A la fin de la période carolingienne, le pouvoir royal avait perdu le contrôle et l'exclusivité de la frappe des deniers. En effet, le roi n'était plus seul à battre monnaie et les seigneurs usurpaient le pouvoir régalien à leur profit. Le denier se "féodalise" dès le Xème siècle, et on assiste aux XIème et au XIIème siècles à une multiplication des ateliers  où les seigneurs frappent des monnaies dont ils peuvent changer le titre et le poids à leur gré. Aussi, les premiers Capétiens vont-ils, au fur et à mesure de leurs conquêtes territoriales, travailler à étendre progressivement leur autorité y compris dans le domaine monétaire en réduisant progressivement la place des monnayages féodaux.

 
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Le denier tournois: une nouvelle monnaie royale sous Philippe Auguste.
 
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Le fait majeur de la réforme de Philippe Auguste (1180-1223) est le rétablissement d'une véritable monnaie royale fondée sur un double système: le denier parisis et le denier tournois, qui se substituent au monnayages locaux du domaine royal.

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Dans un premier temps, le roi continue comme ses prédécesseurs à frapper des deniers, mais dans un nombre limité d'ateliers.
Le "denier parisis" est d'abord diffusé dans la région parisienne, puis dans le Nord du royaume. Il cesse d'être le denier local de Paris lorsque  le roi étend sa fabrication aux villes d'Arras, de Saint-Omer, de Péronne et de Montreuil-sur-Mer.

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Puis, à la faveur de ses conquêtes sur le roi d'Angleterre Jean sans Terre en Normandie dans le Maine, l'Anjou et la Touraine (1204-1205), Philippe Auguste  reprend à son compte le "denier tournois", créé par l'abbaye de Saint-Martin de Tours pour les pays de l'Ouest, pour en faire une nouvelle monnaie. Le nom de l'abbaye (SCS MARTINVS) fut d'abord conservé autour du châtel, puis remplacé par celui de la ville (tvronvs civi).
 

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Le gros tournois: la "bonne monnaie" de saint Louis.
 
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La politique monétaire centralisatrice de Philippe Auguste est poursuivie par saint Louis (1226-1270) qui interdit l'imitation de la monnaie royale (1263).

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Dans les dernières années de son règne, apparaît le "gros denier tournois", première monnaie d'argent lourde produite au Nord des Alpes (4,22g, au cours de 12 deniers tournois), au sujet duquel aucune ordonnance royale n'a été retrouvée. Nous savons seulement qu'ils [les gros deniers tournois] "sont cités pour la première fois dans un document du 24 juillet 1266 précisant les limites de la tolérance dans leur fabrication" (Duplessy). Le succès du gros denier tournois fut immédiat à tel point que les successeurs de Saint Louis le frappèrent en de grandes quantités.
Le règne de saint Louis est généralement considéré pour avoir établit une monnaie relativement stable.

 
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L'écu d'or de saint  Louis.
 
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C'est la première monnaie d'or frappée par un roi français de la dynastie des Capétiens. Cette monnaie dont on ne connaît que 8 exemplaires (dont 3 dans la collection de la Bibliothèque nationale de France) a probablement été émise en 1270 à l'initiative de saint Louis peu avant son départ pour la Croisade. Devant son échec commercial, l'écu d'or fut vite abandonné.
 

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Philippe IV le Bel "faux monnayeur" ?
 
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Le monnayage du règne Philippe le Bel (1285-1314), qui a duré presque 30 ans, se divise en plusieurs périodes ou séries de mutations monétaires, c'est à dire des périodes de monnaie forte suivies de périodes de monnaie faible ou affaiblie.
 

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Pour soutenir ses guerres, notamment en Flandre contre les Anglais, Philippe le Bel  fit appel aux ressources que lui procurait la frappe des monnaies, et fut obligé, suivant les circonstances, de relever et d'abaisser le cours des monnaies, ce qui lui valut une réputation injustifiée de "roi faux monnayeur". Dante (1265-1321) dans la Divine Comédie ne fait-il pas allusion au fait que Philippe le Bel avait falsifié la monnaie ? "Li si vedrà il duol che sovra Senna induce, falseggiando la moneta, quel che morrà di colpo di cotenna"  (Là se verra la désolation qu'amène sur la Seine, en falsifiant la monnaie, celui qui mourra blessé par un sanglier). En fait, le roi, qui disposait bien évidemment du droit de battre monnaie, pouvait en toute légitimité réaliser des mutations monétaires, ainsi qu'en témoignent  les nombreuses ordonnances royales qui ont accompagné ces émissions.
 

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La série de monnaies frappées sous à Philippe le Bel, caractérisée par le retour au bimétallisme, est considérable et présente une multiplication de nouveaux types de monnaies: Maille blanche (1296), Maille tierce (1306) pour l'argent, Toulousain (1308), Bourgeois fort et Bourgeois simple (1311) pour le billon, Petit royal (première pièce d'or à être largement répandue en France, émise en 1290), Masse (1296), Chaise (1303),  Florin dit "à la Reine" (1305),  Mantelet (1305), Agnel (1311) pour l'or.

 

 
bulletBibliographie
 
bulletDuplessy, Jean, Les Monnaies françaises royales de Hugues Capet à Louis XVI (987-1793), Maison Platt, A.G. Van der Dussen, Paris/Maastricht, 1988.
bulletDictionnaire de Numismatique, sous la direction de Michel Amandry, Editions Larousse, Paris, 2002.
bulletLafaurie Jean, Les Monnaies des Rois de France de Hugues Capet à Louis XII, Bourgey/Monnaies et Médailles, Paris/Bâle, 1951.
bulletFavier, Jean, Philippe le Bel, Fayard, Paris, 1998.
bulletDante, la Divine Comédie, Paradis, chapitre XIX, vers 118-120.

 

Françoise Page-Divo

 

 

La suite des  monnaies capétiennes

 

 

 

     

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La dernière mise à jour de ce site date du 05-02-2010

 

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