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Médaille de Louis XI
la
première médaille française
avec l'effigie véritable du roi
 | Vers 1438-1439, le peintre Antonio Pisano, dit
Pisanello, invente le
portrait en médaille, genre artistique nouveau qui va se répandre
rapidement et créer un phénomène de mode. Ces médailles vont être copiées
par d'autres médailleurs dont certains, comme
Francesco Laurana ou Pietro
di Milano, viennent en France à Aix-en-Provence, où le duc
René d'Anjou, prince éclairé et protecteur des artistes tient une cour
brillante; François Villon y fut un temps. C'est l'une des médailles de Laurana que nous présentons ici. |
Médaille de
Louis XI (non datée),
fonte de bronze, par Francesco Laurana
BnF, Cabinet des Médailles, Paris.
 | Avers:
divvs lodovicvs rex francorvm
(Le divin Louis, roi des Français).
Buste du roi Louis XI à
droite, portant un chapel de fourrure.
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 | Revers:
concordia avgvsta
(L'auguste Concorde).
La Concorde assise à droite,
tenant de la main gauche un rameau d'olivier et de la main droite un
sceptre fleurdelisé. A ses pieds un casque, symbolisant la Paix rétablie.
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 | Réalisée par la fonte, il s'agit de la première médaille représentant
le véritable portrait d'un roi de France,
Louis XI (1461-1483), exécutée par Francesco Laurana (v. 1430-1502) pour
son maître le roi René d'Anjou.
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Louis XI porte une jaque boutonnée, coiffé
d'un haut chapeau de fourrure, le chapel, duquel dépasse une chevelure
abondante. Son portrait présente un intérêt tout particulier par son
réalisme très bien exprimé par le médailleur: l'astuce, la finesse
froide, la suspicion, mais en même temps la résolution, le premier
despote moderne incarnant la réaction contre les idéaux et les
faiblesses du Moyen-âge.
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 | Copié d'un sesterce romain ou d'un
médaillon, le revers fait allusion à ce qui a été la préoccupation de toute la
politique de Louis XI: "la préservation de l'Etat et la défense du
royaume", car c'est bien la Paix qu'il voulut offrir à son royaume, à
l'intérieur comme à l'extérieur.
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 | Il existe plusieurs exemplaires de cette
médaille, dont l'une uniface en argent avec le portrait du roi.
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Francesco Laurana (v. 1430-1502).
 | Peintre, sculpteur et médailleur, Laurana naît dans une ancienne
ville fortifiée des Templiers, La Vrana ou Laurana, près de Zara,
actuelle Zadar en Dalmatie (Croatie). Dans des documents napolitains, on
trouve son nom comme Francesco Adzara (pour Francesco da Zara).
Sculpteur et médailleur favori de
René d'Anjou, comte de Provence,
Laurana est le premier médailleur de la Renaissance
en France.
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 | La biographie de Francesco Laurana est restée assez obscure.
Entre 1468 et 1471, il exécute en Sicile une statue de la Vierge pour le
Dôme de Palerme, portant l'inscription : Franciscus Laurana me fecit
MCCCCLXXI. Plus tard, vers 1478-1480, un Franciscus Lorens est mentionné
dans les comptes et mémoriaux du Roi René comme "tailleur d'ymaiges" et
sculpteur. En 1490, un Laurens apparaît comme fondeur et ciseleur
pour le mausolée de
Ferry II (v.1428-1470), comte de Lorraine et
Vaudémont, élevé dans l'église Saint-Georges de Nancy. Ces trois
références font penser qu'il s'agit sans aucun doute du même artiste.
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 | Laurana quitte l'Italie vers 1458 et séjourne en Provence (à
Aix) jusqu'en 1466, puis il retourne dans son pays natal et, de 1468 à
1471, travaille en Sicile à différentes églises. En 1478, Laurana
revient en France à Marseille, où il se marie et vit jusqu'en 1483. Plus
tard, vers 1490, Laurana le fondeur est engagé à Nancy pour le
mausolée du comte de Vaudémont. Laurana passe le restant de ses
jours à Avignon où il meurt probablement vers 1502. Il est enterré dans la
chapelle que sa fille avait acheté près du Couvent des Augustins. La
dernière mention du nom de Laurana se trouve dans un contrat (daté
du 15 octobre 1500), relatif à la vente d'une maison à Marseille,
libellé "Franciscus Laurana, scissor ymaginum".
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 | Avec son ami, architecte et médailleur, Pietro di Milano, Laurana
travaille à la cour de René d'Anjou qu'ils concourent à immortaliser lui
et sa famille par des sculptures et des médailles à
l'italienne.
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 | Parmi les médailles de Francesco Laurana, certaines sont datées,
d'autres non, et, exceptée celle du roi Louis XI, représentent toutes le
roi René, la reine Jeanne et des personnages de la cour.
Les médailles qui sont connues sont les suivantes: Triboulet, fou du roi
René (1461), Jeanne Laval, seconde femme du roi René (1461), le roi René
et
Jeanne
de Laval (1463), Jean d'Anjou, duc de Calabre (1464),
Charles IV
d'Anjou, comte du Maine (non datée),
Louis XI, roi de France (non
datée), Jean Cossa, comte de Troya (1466), un personnage inconnu (sans
date), et
Ferry II, comte de Vaudémont (1464). |
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 | Bibliographie
 | Armand A., Les Médailleurs de la Renaissance, Francesco Laurana,
Pietro di Milano, Paris, 1882. |
 | Babelon, Jean, La médaille et les
médailleurs, Payot, 1927, Paris. |
 | Favier, Jean, Dictionnaire de la France
médiévale, Fayard, 1993. |
 | Favier, Jean, Louis XI, Fayard, 2001.
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 | Forrer, Bibliographical Dictionary of
Medallists, Spink & Sons, London, 1907. |
 | Gazette des Beaux-Arts, mars, 1903. |
 | Heiss, Les médailleurs de la
Renaissance, Francesco Laurana, Pietro di Milano, Paris, 1882. |
 | Müntz Eugenio, Les dernières années du
sculpteur Laurana. Chronique des Arts et de la Curiosité. |
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Françoise Page-Divo
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