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Médaille
commémorative
du 125ème
anniversaire de Freud
Médaille de bronze, coulée, par
Andrej Peter
diamètre réel 60mm.
 | Cette médaille de bronze, coulée, a été émise pour le 125ème anniversaire
de la naissance de Freud. Elle est l'oeuvre du graveur slovaque Andrej
Peter (1912-1993). A l'avers: PROF. MUDr. SIGMUND FREUD. Tête
du célèbre psychanalyste de face. Dans le champ, à droite un caducée; en
dessous en deux lignes ses dates de naissance et de mort
1856/1939. Au revers: Dans le champ,
inscription en 10 lignes en langue tchèque, dédiée à Freud pour son
125ème anniversaire par la Société tchèque de Numismatique. En
haut, le sceau de la ville natale de Freud (Pribor, ancienne Freiberg) avec la légende en latin:
sigillum
maius senatus populusque civitatis pribortensis. En dessous,
3 colonnes dont la première est surmontée d'une tête. A l'exergue,
inscription en langue tchèque A droite, le long de la dernière colonne,
les lettres A.P. (initiales du graveur) et la
date (19)81.
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 | Lorsque Sigmund Freud naît le 6 mai 1856 à
Freiberg en Moravie, une
province slave de l'Empire des Habsbourg, (aujourd'hui Pribor, République
tchèque), la ville comprend environ 4 500 habitants, dont une majorité de
catholiques et de langue tchèque. Freiberg compte, à l'époque, un peu plus
d'une centaine de Juifs parlant l'allemand ou le yiddish, dont
l'émancipation remonte à 1848 seulement. Le père de Freud, Jakob Freud, négociant en textiles, originaire de
Galicie, déjà père de deux garçons Emmanuel et Philipp, devenu veuf,
se remarie en 1855 à l'âge de 41 ans avec Amalia Malka Nathanson. Sigmund
est le premier-né de cette union; suivront sept autres enfants. Lorsque
la
guerre entre l'Autriche et l'Italie éclate en 1859, Freud et ses parents
quittent Freiberg pour Leipzig, puis ils s'établissent à
Vienne en 1860. En 1938, lorsque les nazis envahissent l'Autriche, Freud
quitte Vienne avec sa famille pour se réfugier à Londres, où il meurt le
23 septembre 1939.
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 | Les colonnes qui figurent au revers de la médaille présentée plus
haut, font allusion au voyage que Freud, accompagné de son frère cadet
Alexander, avait fait au cours de l'été 1904 à Athènes. De ce voyage,
Freud nous a laissé une analyse très fine. Alors qu'il se trouvait sur
l'Acropole, Freud se sentit pris d'un "sentiment d'étrangeté". Le contenu
essentiel de sa pensée, c'était un refus de croire: "D'après le
témoignage de mes sens, je suis maintenant sur l'Acropole, seulement je ne
peux pas le croire". Trente-deux ans plus tard, Freud analysera,
dans
une lettre célèbre adressée à Romain Rolland en 1936, ce "trouble de
mémoire", qu'il attribuera à sa
culpabilité envers son père "d'avoir si bien fait son chemin". Pour ce
père, en effet, qui avait été négociant mais n'avait pas fait d'études
secondaires, Athènes ne devait pas signifier grand-chose, précise Freud.
"Tout se passe comme si le principal dans le succès était d'aller plus
loin que le père, et comme s'il était toujours interdit de le dépasser". |
 | Andrej Peter (1912-1993), médailleur
slovaque
 | Né le 13
novembre 1912 à Palanka, ville située près de Mukatchevo (aujourd'hui en
Ukraine), Andrej Peter est le plus jeune de 9 enfants d'une famille de
condition modeste. De 1918 à 1926, il est élève à l'école primaire de Palanka,
puis, entre 1926 et 1930, à l'Ecole nationale des Arts décoratifs de
Gablonz (aujourd'hui Jablonec nad Nisou, en République Slovaque) où il passe son baccalauréat. Après avoir travaillé pendant 2 ans
dans la ville de Gablonz, Peter devient professeur à l'Ecole nationale des
Arts décoratifs (1932-1933), puis il part, entre 1933 et 1937, se former à
Prague auprès du Professeur Otakar Spaniel. En 1937, il entre comme
graveur à la
Monnaie de Kremnitz. Puis, il prend un congé
(1951-1952) pour aller se spécialiser dans la gravure de médailles
auprès du Professeur Spaniel. Après avoir été directeur des Ateliers des Arts
décoratifs de la Monnaie de Kremnitz, Andrej Peter prend sa retraite en
1979. Il meurt le 22 octobre 2003.
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 | Andrej Peter a gravé, en association avec d'autres graveurs, des
monnaies frappées à Kremnitz (Kremnica), émises pour la République Slovaque (1939-1945) comme par
exemple les pièces de 1, 5 et 20 Kronen, la dernière avec le
portrait du Président Jozef Tiso. On lui doit également la médaille du
Rectorat de l'Université allemande de Prague, et celle avec le portrait
de
François II
Rakóczi, héros national hongrois lors de la révolte des
Malcontents. |
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 | Quelques repères historiques
 | En novembre 1918, l'Empire austro-hongrois, formé d'une mosaïque de
nationalités, se disloque. Les traités
de Saint-Germain-en Laye (19 septembre 1919) et de Trianon (4 juin 1920)
sanctionnent son démembrement et la
proclamation en Europe du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes".
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 | En 1918, la République tchécoslovaque regroupe les régions de la
Bohême et de la Moravie, auparavant sous domination des Habsbourg, avec la
Slovaquie
administrée par la Hongrie.
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 | Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, l’Allemagne nazie annexe la
Moravie et la Bohême par la création du "protectorat de Bohême - Moravie",
tandis que la Slovaquie devint un État indépendant, mais sous
l’influence de l’Allemagne. En 1945, la Tchécoslovaquie est réunifiée avec à peu près les mêmes frontières que celles de 1920
(à l'exception de la Ruthénie subcarpatique annexée par l'U.R.S.S.).
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 | En 1948, les communistes prennent le pouvoir. En 1968, le Slovaque Alexander Dubcek devient premier secrétaire du
Parti communiste tchécoslovaque et introduit des réformes démocratiques
pour accorder plus de libertés aux citoyens. C'est le «printemps de
Prague». L’Union soviétique s’oppose à ces réformes et envahit la
Tchécoslovaquie qui reste sous le régime soviétique. La Tchécoslovaquie
adopte en 1969 un statut fédéral qui dote la République tchèque et la République slovaque, ses deux
composantes, d'institutions propres.
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 | Une fois sortie de l'orbite communiste, lors de la fameuse
«Révolution de Velours» (1989), la Tchécoslovaquie doit faire face à
l’incapacité des dirigeants tchèques et slovaques de s'entendre sur la
répartition du pouvoir entre le gouvernement fédéral et les
gouvernements des deux républiques fédérées. En 1992, ils négocient la partition
de la Tchécoslovaquie.
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 | Dissoute le 1er janvier 1993, la Tchécoslovaquie, laisse la place
à deux États souverains distincts: la République tchèque et
la
République slovaque. |
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La maison natale de Freud à Frieberg, Moravie.
En 1859 Freud quitte Freiberg (actuelle Pribor) où il ne retournera que 13 ans plus tard, en 1872. Il retrouvera Gisela Fluss, ancienne camarade d'enfance, qui sera son premier amour. |
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L'Empire austro-hongrois (1848-1914).
Mosaïque de nationalités, l'Empire austro-hongrois survit aux soulèvements italien, tchèque et hongrois de 1848. Il s'effondre à la fin de la Première Guerre mondiale (1918). |
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Les nouvelles frontières de l'Europe centrale (1919-1921).
L'Empire austro-hongrois démembré (1918), la réunion des territoires tchèques et slovaques forment la République tchécoslovaque, qui est proclamée en octobre 1918. |
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La Tchécoslovaquie de 1920 à 1945.
Démembré en 1939 par la création du "protectorat de Bohême-Moravie" et d'une Slovaquie théoriquement indépendante, le pays est libéré en 1945. |
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Partition de la Tchécoslovaquie (1992)
Malgré la "révolution de Velours"(1989), la Tchécoslovaquie est dissoute, laissant la place à 2 Etats distincts: la République tchèque et la République slovaque (1993). |
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Carte de la République tchèque.
La République tchèque comprend 2 grandes régions: la Bohême et la Moravie. Pribor (Freiberg, ville natale de Freud) se trouve à quelques kilomètres au Sud de la ville d'Ostrava en Moravie. |
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Carte de la République slovaque.
La République slovaque devient un Etat souverain le 1er janvier 1993. Sur la carte, la ville de Kremnitz (Kremnica), atelier monétaire depuis 1328. |
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 | Bibliographie
 | Freud Sigmund, "Un trouble de mémoire sur l'Acropole". Lettre à
Romain Rolland , in Résultats, Idées, Problèmes, PUF, 1985, Tome II. |
 | Messler Gerhart, Andrej Peter (1912-2003), in NNB Numismatisches NachrichtenBlatt, August 2008. |
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Françoise Page-Divo
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