![]() |
|
|
vendredi 10 juin 2011 |
|
|
|
| L'histoire et le monnayage de Melle (Deux-Sèvres), petite ville du
Poitou au sud-est de Niort, sont étroitement liés à l'exploitation de
mines de plomb argentifère (ou galène) près
de la Béronne. L'atelier de Melle connaît une grande activité à l'époque
carolingienne et au début de l'époque
médiévale. A la fin du IXe siècle, l'atelier et les mines tombent
sous le contrôle des comtes de Poitiers qui continueront à frapper des
monnaies au type immobilisé avec le nom de Melle. On utilisa également
d'autres ateliers, notamment ceux de Niort, Poitiers et Saint-Jean d'Angély.
Ce monnayage s'arrêtera en 1189 lorsque
Richard Coeur de Lion, comte de Poitou, deviendra roi d'Angleterre. | |
| Les archives sont muettes sur l'activité minière d'argent de Melle
sous les
Mérovingiens. L'unique référence semble être les Gesta Dagoberti,
du IXe siècle. Celles-ci mentionnent que le roi Dagobert avait offert à
l'abbaye de Saint-Denis 8.000 livres de plomb provenant de Melle (ex
Metallo), pour le toit de son église, qui lui étaient payées tous
les deux ans. Cependant, l'époque mérovingienne nous a laissé
quelques rares pièces en or portant le nom latin
MEDOLO VICO. | |
| La grande époque de l'atelier de Melle se situe donc sous les
Carolingiens, où l'émission de monnaies fut considérable. Melle fait
partie, notamment, des 10 ateliers autorisés par l'Edit
de Pîtres (864) de
Charles le Chauve. Les monnaies frappées à Melle, de types très
variés, portent toutes au revers le nom de Melle, nommée indifféremment
MEDOLVS
(ou MEDOGVS),
METVLLO, METALLVM
(du mot latin signifiant la mine, le métal),
META,
METALLO,
avec le monogramme. L'avers porte généralement, le nom et le titre de
l'empereur ou du roi, avec au centre une croix. Les deux monnaies
frappées sont le denier et l'obole.
Parmi ces nombreux types, le plus célèbre et le plus rare, est celui
avec le buste lauré de
Louis le Pieux à l'avers, et, avec la représentation au revers, des
outils du monnayeur (coins monétaires et marteaux) et la légende
metallvm.
La ressemblance avec un denier de la République Romaine, émis en 46
avant J.-C., par le monétaire T. Carisius est assez frappante (voir
l'illustration du revers ci-dessous). | |
| Au XIXe siècle, lorsqu'on redécouvre les mines de Melle après des
siècles d'oubli, on a trouvé, lors de fouilles près du Palais de Justice
un coin monétaire en fer
(voir l'illustration ci-dessous). De forme cylindrique, ce coin
mesure cinq centimètres de hauteur sur trois centimètres et demi de
diamètre. L'une de ses extrémités porte, gravée en creux, la légende de
l'avers des monnaies carolingiennes :
+ CARLVS REX FR autour d'une croix.
Le coin, servant pour le revers n'a malheureusement pas été retrouvé.
Selon Emile Breuillac (dans son article de 1909), ce coin monétaire
carolingien était resté longtemps la propriété de la famille Sicard,
originaire de Melle, avant qu'il ne soit offert au musée archéologique
de Niort, où il se trouve aujourd'hui. | |
| L'activité des mines de Melle s'arrête dans le courant du Xe siècle, mais on continuera à frapper de grandes quantités de monnaies au nom de Melle dans d'autres ateliers du Poitou. Après la chute de l'Empire carolingien et l'entrée dans la féodalité, la frappe des monnaies échappe au contrôle royal. Loin de mettre leur nom sur les espèces, les comtes de Poitiers continuent le type à la légende MET - ALO en deux lignes dans le champ du revers apparu au temps de Charles le Simple, et à la légende de l'avers CARLVS REX FR avec une croix. Ces immobilisations garderont ce même type de légende jusque vers la fin du XIIe siècle, où elles connaîtront une altération de poids et un affaiblissement de titre. |
|
Bibliographie
|
Françoise Page-Divo
La dernière mise à jour de ce site date du 10-06-2011